Etat

Depuis des années on le répète, les compagnies de création sont en danger. Aujourd’hui, celles qui résistent encore se retrouvent en état de survie. Certes on reconnaît en elles l'impulsion, la prise de risque, l'invention et le réel outil de la création : printemps après printemps, la LCAP n’en finit plus d’éclore, mais on peine à y trouver le mot «artiste». Quant à «compagnie indépendante» : ignoré !

Voici que décrets, circulaires et arrêtés paraissent. Tous ces textes régissent la relation de l’État avec les acteurs du spectacle vivant : institutions, structures indépendantes, lieux, compagnies de création. Ils fixent des cadres, des objectifs et des cahiers des charges, les missions de service publics des labels (CDN, CCN, PNC ET CNAREP, chacun son arrêté) et les différents dispositifs de soutien à la création. A ce stade rien d’anormal, l’État et les services sont à leur place et fixent le cadre d’une politique publique pour le spectacle vivant. Et les compagnies et autres structures indépendantes de soutien à la création ? En installant un nouvel intermédiaire, le producteur délégué, dans les dispositifs d’aide à la création, jusque-là accessible aux seules compagnies, en destinant les subventions des résidences d’artistes, non plus à la compagnie, mais au lieu d’accueil, à une institutions déjà subventionnée pour co-produire et accueillir en résidence, à un producteur privé, y compris une société commerciale, l’État change de paradigme, déresponsabilise et aliène les compagnies.

Les droits culturels sont des droits humains fondamentaux, tels que définis aux articles 22 et 27 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Le 27 janvier 2015, lors de son examen du projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (dite loi « NOTRe »), le Sénat a voté l’article 28A qui précise que « Sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales. »

Cet amendement a été rejeté par la commission des lois de l’Assemblée nationale mais doit être présenté de nouveau aux députés lors de l’examen de cet article en séance publique qui se déroulera entre le 2 et le 5 mars (à travers l’amendement n°832/article 28A). L’enjeu est d’inscrire le principe de la liberté d'expression artistique dans la loi de la République. La liberté d’expression artistique a une valeur publique universelle et doit être un repère déterminant.