Etat

            Monsieur Le Premier Ministre,

            Madame La Ministre de la Culture,

            Mesdames, Messieurs,

Au nom des 500 compagnies et lieux de production et de création que nous représentons et des milliers d’autres qui sans être adhérentes nous sollicitent régulièrement, je partage l'inquiétude et les alertes énoncés par mes camarades dans les interventions précédentes concernant l'urgence d'une solution pour la reprise d'activité des théâtres et plus généralement de TOUTES les salles de spectacles.

Après les annulations du printemps, l'interdictions des représentations dans l'espace public depuis le 20 septembre, le couvre-feu pour une durée inconnue, nous tenons à alerter solennellement sur le péril que ses mesures font courir aux équipes de création, compagnies et lieux du tiers-secteur, grands oubliés des fonds de soutiens et du plan de relance mis en œuvre suite à la crise.

Si des solutions n’étaient pas trouvées immédiatement, le couvre-feu entrainera une nouvelle vague d’annulations auxquelles nos structures ne pourront faire face, et avec elles les artistes et techniciens que nous employons. Les interdictions de travailler ne sont pas uniquement en zone du « couvre-feu », mais à travers tout le territoire de nombreuses communes en zone dite « normale » procèdent à des annulations de prévention, empêchant les équipes artistiques et techniques de travailler.

Ce n’est pas une double mais une triple peine qui est prononcée. Nous l'avions déjà annoncé et ce que nous craignions est en train de se confirmer. Ce n'est plus sur une saison ni une année que la crise va durement impacter le secteur de la création et les équipes artistiques en premier lieu mais au moins sur 2 voire 3 années.

La logique économique marchande basée sur la prise en charge du déficit « au fauteuil » ne pourra pas sauvegarder ce qui dynamise notre secteur : la recherche et la création… le travail porté par le tiers secteur du spectacle : les compagnies et les lieux intermédiaires. La COVID ne peut être l'agent destructeur de tout notre secteur, de sa richesse et de sa diversité et la résurgence d'une ancienne pensée que l'on croyait oublier : « trop de compagnie, trop de spectacles ».

Face à ce risque imminent de disparition annoncée, l’État doit prendre ses responsabilités.

Nous demandons instamment :

  • La levée des interdictions des manifestations dans l’espace public et dans les ERP à partir du moment où les mesures sanitaires sont respectées comme dans un théâtre.
  • Des directives claires et impératives pour que tous les engagements pour tous types de représentation dans des lieux dédiés ou pas, pris par des diffuseurs privés ou publics (collectivités) soient respectés.
  • L’interdiction des « clauses COVID » dans les contrats, posées au détriment des compagnies.
  • L’extension et la révision des mesures d’activité partielle.
  • Une prolongation de l’année blanche pour les salariés au régime de l’intermittence et la préservation des droits sociaux.
  • La mise en place d'un plan d'urgence pluriannuel pour le tiers secteur du spectacle vivant (compagnies et lieux intermédiaires).
  • La mise en place avant la fin de l'année de COREPS dans toutes les régions afin d'améliorer la concertation entre état/ collectivités et professionnels.
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Monsieur le Premier Ministre, Mesdames les ministres,

Le Président de la République a annoncé le 14 octobre dernier un couvre-feu de 21H à 6H dans huit métropoles et toute la région Île-de-France, prenant effet 48H plus tard.

Parallèlement, les décisions se multiplient imposant des couvre-feux dans d’autres villes ou départements, ou des annulations parfois de dernière minute de nombreux événements culturels recevant du public, que ce soit dans le spectacle vivant ou le cinéma. Les décisions s’ajoutent aux restrictions et interdictions portant sur l’accueil des grandes jauges, les concerts « debout », les chapiteaux, les événementiels, les arts de la rue, etc.

Toutes nos organisations sont conscientes de la situation sanitaire et ont travaillé pour mettre en place des protocoles stricts, qui ont permis à ce que nos lieux de travail ne soient pas devenus des lieux de contamination ni pour le public, ni pour les professionnels exerçant leur métier.

Nous ne comprenons pas que la décision du couvre-feu n’ait pas été concertée avec les représentants de nos professions et demandons à la voir évoluer pour permettre une poursuite de l’activité de nos structures et de l’emploi des salariés permanents et intermittents du spectacle, ainsi que de l’activité des autrices et auteurs.

Nous sommes en mesure de recevoir le public avec toutes les précautions sanitaires et de poursuivre une partie de nos activités en permettant au public de rentrer chez lui avec les justificatifs de billetterie.