Etat

14 juillet 2021

 

Le Président de la République a annoncé, le 12 juillet 2021, que le passe sanitaire serait étendu aux lieux et manifestations culturelles de plus de 50 places à partir du 21 juillet 2021.

Cette décision a été annoncée sans la moindre concertation et dans un délai de mise en œuvre qui s’apparente à de la maltraitance pour l’ensemble des équipes chargées de l’appliquer : nous y sommes malheureusement habitué.e.s.

Nous avons travaillé avec les services de l’Etat pendant des mois pour définir des protocoles sanitaires qui permettent aux artistes, aux techniciens·nes et au public de se retrouver. Cette annonce à court terme et unilatérale est inacceptable, inapplicable et expose à nouveau économiquement un secteur déjà affaibli.

Nous ne sommes pas habilité.e.s à contrôler l’état sanitaire des personnes qui souhaitent participer à une manifestation culturelle, dans des salles, des chapiteaux ou dans l’espace public, qu’il s’agisse de public, d’artistes ou de technicien.ne.s. Et nous nous refusons à le faire.

Nous ne voulons pas contrôler, entre collègues, notre état sanitaire. Nous ne voulons pas refuser à qui que soit l’accès à la culture.    

Nous sommes parfaitement conscient.e.s des enjeux de santé publique.

Le plus grave aujourd’hui ce sont les valeurs bafouées. Celles et ceux qui font vivre le spectacle vivant que nous défendons, croient aux vertus du dialogue, de l’échange, de la compréhension de nos différences ou de nos divergences. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est le cœur de notre engagement et de notre passion. Nous croyons en l’intelligence collective. Malgré tout, nous croyons en la confiance.

La décision du Président de la République va à l’encontre de ces principes fondamentaux et elle est, une fois de plus, discriminatoire.

La vaccination et la prévention sont des affaires de santé publique : elles doivent être débattues, discutées, argumentées et faire l'objet d'une adhésion de la population. Nous ne pouvons accepter que cette composante fondamentale d'une nation démocratique, pour complexe qu'elle soit, disparaisse purement et simplement.

C’est pourquoi nous refusons de jouer le rôle que l’on nous assigne aujourd’hui et nous ferons tout ce qui est légalement possible de faire pour nous opposer à ce passe, qui n’a de sanitaire que le nom et qui n’est rien d’autre qu’un passe d’infantilisation.

Ce n’est pas la société que nous voulons.

 

Le SYNAVI,

Syndicat national des Arts Vivants, rassemble plus de 500 compagnies et lieux intermédiaires.

Il est membre fondateur de l’UFISC et de la FSICPA, avec le SCC.

 

Télécharger le communiqué.                                                          

Nous prenons la parole au nom du SYNAVI, Syndicat nationaldes arts vivants. Nous représentons les équipes artistiques, les compagnies, les lieux intermédiaires et indépendants.

Nous avons signé l’appel à la mobilisation unitaire Culture en danger.

Aujourd'hui nous sommes solidaires de l’occupation de l’Odéon, solidaires des inquiétudes et des revendications des salariés du secteur culturel et au-delà.

C'est pourquoi, avec les occupants, nous demandons :

  • la prolongation de l’année blanche, a minima 1 an après la fin de la crise sanitaire,

mais aussi

  • son extension aux travailleurs intermittents et aux travailleurs précaires de tous les secteurs,
  • une vigilance sur les primo entrants, en particulier les jeunes professionnels, et sur les congés maladies, les congés maternités, qui ne sauraient être des causes d’exclusion !

Pour que toutes celles, tous ceux qui n’ont pas pu travailler pendant 1 an, puissent continuer à vivre décemment !