Lieux intermédiaires et indépendants

Lyon, le 10 octobre 2019

 

Plutôt que le dialogue citoyen et la justice, le Maire de Saint-Ouen et les services de l’État choisissent l'expulsion en force pour fermer un lieu artistique et culturel emblématique.

Le 8 octobre 2019, une procédure d’expulsion a été lancée dans les locaux historiques de Mains d’Œuvres, à l’initiative du Maire de Saint-Ouen, exécutée par le Préfet de Seine-Saint-Denis.
 
Depuis plus de 20 ans, Mains d’Œuvres accueille et soutient des projets artistiques et sociaux en lien direct avec les habitants. Des centaines d’équipes, de projets, de rencontres, de créations ont grandi avec et au sein de ce lieu. Mains d’Œuvres est aussi une cheville ouvrière d’un réseau international de lieux de fabrique artistique et culturelle. Il est un modèle à de nombreuses initiatives privées et publiques.
 
Cette procédure brutale s’appuie sur une décision du Tribunal de Grande Instance qui avait donné raison à la Mairie, celle-ci préférant établir, dans le même lieu, le nouveau conservatoire municipal. Face au refus de la Mairie de trouver des solutions permettant le redéploiement de Mains d’Œuvres, de ses dizaines de salarié.e.s, des équipes, amateurs et bénévoles accueillis, Mains d’Œuvres a déposé un recours auprès de la Cour d’Appel. La décision de deuxième instance doit intervenir le 3 décembre prochain.
 
Pourquoi anticiper sur cette décision ?
 
En précipitant la fermeture de Mains d’Œuvres, lieu culturel, citoyen et indépendant, le Maire de Saint-Ouen et les services de l’État
  • condamnent tout dialogue et l’avenir d’un lieu emblématique du paysage culturel francilien ;
  • condamnent 70 emplois ;
  • mettent un terme à la dynamique citoyenne, culturelle et artistique indépendante de la commune,
  • s’inscrivent dans une logique de fermeture, de repli sur soi et de déni démocratique.
 
Cette décision est en totale contradiction avec les annonces du Gouvernement et le lancement de l’Appel à Manifestation d’Intérêt national pour les fabriques de territoires, dans le cadre d’un plan « tiers-lieux ». Cette incohérence nous alerte et nous interroge sur le fondement même de ce plan : ne serait-il qu’une « mesure-façade » au bénéfice d’initiatives privées lucratives au détriment de projets culturels, citoyens et indépendants soucieux de l’intérêt général ? 
 
En l’attente de ces nécessaires éclaircissements, nous en appelons :
  • À Monsieur le Maire : entendez les aspirations de toutes les personnes qui fréquentent et portent ce lieu et reconnaissez-en enfin les bienfaits. Reprenez le dialogue pour permettre à Mains d’Œuvres de poursuivre et développer son activité ;
  • Aux services de l’État et au Ministère de la Culture afin qu’ils interviennent pour qu’une solution pérenne soit trouvée en cohérence avec leur engagement en faveur des Tiers-Lieux et lieux de Fabrique de Territoire.                                                               
 
 
Contact :
Muriel Guyon, Secrétaire Générale du SYNAVI
direction@synavi.org / 06 72 84 46 30
www.synavi.org

Télécharger : 2018 04 03 Communiqué Lieux intermédiaires et indépendants


Dans la continuité du travail réalisé depuis quatre ans (forums nationaux, charte de la coordination nationale des lieux intermédiaires et indépendants), nos différentes organisations, réseaux et syndicats du spectacle vivant et des arts plastiques, réunissant des centaines de lieux qui mêlent les arts plastiques, les arts de la rue, le théâtre, la marionnette, la musique, le cirque..., relancent leur mobilisation pour que les politiques publiques de la culture fassent toute leur place à la multitude des lieux intermédiaires et indépendants.