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Enregistrer au format PDF BN : Communiqué sur les relais culturels régionaux, décembre 2008

Mis en ligne le 26 mai 2010
par BN - Romuald DUVAL (DR)

RELAIS CULTURELS REGIONAUX COMMUNIQUE DU SYNAVI BN.

Le synavi de basse normandie a sollicité des acteurs du monde culturel bas-normand qu’ils apportent aux Voix Publiques la contribution la plus large. Il s’agissait, au travers de nos expériences, de nos réflexions et de nos analyses, d’aider la Région Basse-Normandie à construire une nouvelle politique culturelle cohérente, adaptée au territoire, à ses besoins et à ceux des acteurs de la culture qui y travaillent. Cet effort désintéressé, produit dans le contexte de précarité dont souffrent la plupart de nos entreprises, s’est nourri de l’espoir d’un réel changement et d’une prise en compte plus probante du secteur des compagnies indépendantes que nous représentons. Le synavi a donc heureusement contribué aux débats, approuvé et soutenu, les mesures issues des Voix Publiques, en particulier l’hypothèse de travail des lieux relais.

Or, la présentation dont les lieux relais ont fait l’objet, le mardi 18 novembre 2008 nous aura laissé perplexes quant à la mise en oeuvre pratique de ces derniers. Pour le moins, elle appelle de notre part, un certain nombre d’observations.

1 Inquiétude sur la concertation et délais de mise en oeuvre

Tout d’abord, il s’agit d’un dispositif lourd et à bien des égards coûteux (nous ne saurions nous en plaindre, y reconnaissant une garantie de sérieux) mais, du coup les délais impartis et les modalités de concertation seraient loin d’être à la mesure du problème posé. S’est-on donné les moyens de cette ambition nouvelle ? Compte tenu de l’implication fortement sollicitée des collectivités locales, (y compris en termes de financement) les a-t-on mis dans des conditions optimales de participation ?

Sur combien de lieux-relais table-t-on et s’est-on donné les meilleures chances de réussite ?

Le Synavi s’interroge. Depuis bientôt un an, avec les syndicats d’employeurs et le concours de toutes les instances responsables de la politique culturelle a été mis sur pied et fonctionne le Comité Régional du Spectacle Vivant (CRVS). Il nous paraît opportun que ce Comité soit saisi et consulté. Nous y trouverions un surcroît de garantie de réussite et prime à la concertation.

2 inquiétude sur la lourdeur institutionnelle et une nouvelle stratification bureaucratique

Le synavi comme par ailleurs le syndeac s’étaient ouvert de cette inquiétude. Les orientations actuelles ne l’ont pas dissipée.

À l’évidence, les relais culturels ne semblent pas une proposition adaptée aux nouvelles donnes des lieux alternatifs de création ni correspondre aux appétits des équipes mutualisées qui les dirigent.
La quasi obligation d’y affecter deux postes à temps plein, impose un mode de fonctionnement dont on peut craindre la lourdeur administrative. Entérinant un modèle de fonctionnement qui ne favorise pas les structures se fondant sur les bases de l’économie solidaire... Bref, un danger existe de renforcement du champ technocratique de la culture au détriment (une fois de plus) du champ de la création. Le synavi souhaitait souplesse, inventivité et recherche comme vertus cardinales d’expérimentation. La proposition actuelle peut répondre sur le fond d’une telle orientation possible, mais un danger existe dont on voudrait pouvoir se prémunir.

3 Une mesure ne va pas sans l’autre.

Nous avions salué la cohérence des 10 mesures orchestrées par les voix publiques et de ce point de vue le respect d’un calendrier/échéancier paraissait la plus pertinente des garanties.
C’est pourquoi ; en même temps que les lieux relais, une mise en oeuvre soutenue des conventions/contrats d’objectifs des structures opérant sur le territoire régional devient un impératif et une urgence. Nous nous félicitons d’ailleurs de la perspective de création d’un site régional inter-actif qui semblait avoir été ajournée.

Pourquoi les mesures doivent-elles s’appuyer et s’articuler les unes sur les autres ? Pour, précisément éviter malentendus et erreurs d’appréciation. Pour ne pas donner prise à l’impatience bien légitime des plus démunis. Ne pas oublier la précarité qui mine les énergies et qui crée des situations d’urgence.

A l’heure où le régime de l’intermittence pourrait être encore lourdement remis en cause, il est de la responsabilité des politiques d’assurer la pérennité des entreprises artistiques et culturelles. Les fonds mis en perspective pour les résidences des relais constituent un élément de réponse non négligeable. Il faut aller plus loin et nous attendons de la région et des tutelles qu’elles mettent en place des conventionnements avec les équipes artistiques. Pourquoi ne pas suivre l’exemple d’autres Régions (Bretagne, Poitou Charentes, Ile de France etc) qui ont su engager des partenariats sur 5 à 10 ans avec les artistes qui animent leur territoire.

Pour conclure

La Basse-Normandie a la chance d’avoir un certain nombre de compagnies (pas assez) de toutes disciplines implantées sur tout le territoire, (urbain et rural), quoique encore notoirement en nombre insuffisant dans l’Orne. Certaines ont en charge un lieu, d’autres mutualisent leur outil, d’autres encore ont tissé des liens forts avec des villes petites ou moyennes. Chacune de ces structures réalise un vrai travail de relais impliquant les autres structures artistiques (de la très petite entreprise à de plus importante), les acteurs du territoire, les collectivités locales et les citoyens/spectateurs. Le temps est venu pour que la Région exerce pleinement ses responsabilités et « capitalise » tout ce travail. Quelle que soit la politique de l’État , c’est à la Région de promouvoir et défendre une culture de proximité moderne. Une culture qui donne sur tout le territoire à tous nos concitoyens une offre culturelle optimale et de qualité. Donner dans ce domaine fondamental, la pleine mesure de la décentralisation, en franchissant une nouvelle étape.

Tel est le sens de notre soutien critique mais résolu aux voix publiques. Nous voulons être partie prenante d’une redistribution des charges et missions à partir de notre Région. Nous voulons donc, un vrai dialogue direct et constructif avec les responsables. Que le secteur des compagnies indépendantes soit reconnu comme partenaire à part entière d’une politique du bien public. Que son rôle et ses missions soient correctement évalués. Qu’enfin, avec nous, puisse s’opérer une vraie redistribution des richesses et biens culturels au profit de tous nos concitoyens.

Synavi Basse-Normandie
Décembre 2008




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