Préambule
L’artiste au coeur du dispositif, c’est à dire moteur et finalité des mesures proposées, c’est
ainsi que nous avons entendu la mise au point réitérée sur l’objectif poursuivi.
La poursuite du dialogue avec les professionnels pour la mise à feu (décrets d’applications)
fut l’autre assurance dont ont fit notre profit.
Enfin, l’échéancier présenté a sérieusement crédibilisé l’ensemble des propositions et levé
toutes préventions.
Les Relais
Trois par département ; Lieu d’accueil, de résidence, relais des institutions, ressources…Ils
visent à aménager le territoire en s’inscrivant là où n’existent pas d’institutions.
Moteur, vecteur, dans chaque département la meilleure configuration à proposer sera à nos
yeux celle qui sollicite le plus et le mieux, les compétences créatrices d’artistes. Lieux de
monstration, et de travail…les relais peuvent faciliter la vie des artistes puisque seraient
financés trois séjours d’un mois pour six artistes… Ce qui, en l’état fait référence pour des
résidences professionnelles. Une vraie mesure facilitant la déclaration et rémunération des
répétitions. Un vrai dispositif d’aménagement plus harmonieux du territoire. Comment voir
dans ces relais autre chose que des structures pilotes nouvelles à inventer sans lourdeur avec
et pour les artistes en prenant soin d’y voir mis en valeur toutes disciplines.
Un chiffrage des résidences donne la mesure de l’effort exceptionnel consenti pour l’aide à la
création. Centre de ressources, les émergents pourraient y trouver un contexte très favorable.
La réussite de ces relais qui doivent eux-mêmes s’inventer peut demain faire école par rapport
à des lieux existants qui auraient besoin d’un coup de jeunesse.
Nous ne sommes porteur d’aucun dogme en la matière d’aménagement culturel :celui
d’inventer, imaginer, essayer, chercher, trouver…
Caen Relai des relais
Si on ajoute l’effort attendu sur la ville siège de pouvoir y répéter, y exposer, y montrer son
travail... C’est dans les deux ans qui viennent de 27 à 36 appels d’offres à l’usage des
professionnels dans toutes les disciplines ! De vraies résidences, une vraie incitation à se
comporter en professionnel... Que l’état n’en n’ait eu l’idée ? Voilà un heureux contrepoison
des dérives de l’intermittence. Le synavi a toujours souhaiter une régulation de la profession
par le haut, par une vraie professionnalisation. Une heureuse conception des relais-culture
régionaux départementaux peut “révolutionner” les moeurs en cours. Nous y croyons.
Sans faire l’inventaire exhaustif des mesures proposées, nous les savons soumises à
confrontation d’une part et à un échéancier d’autre part. Sauf, à s’entretenir d’une suspicion
outrancière, nous trouvons la garantie et validité de la démarche. Nous en étions demandeurs
et avec plaisir nous en prenons acte.
Savoir que Caen aura les moyens d’assumer son rôle de ville siège et que la Région souhaite
s’en porter garante, c’est voir, avec soulagement, la perspective pour les structures d’y trouver
lieux de répétition et d’exposition de leur travail ! Le synavi s’en est plaint hier comme il
aimerait à s’en réjouir demain
Les contrats triennaux.
C’est une des revendications que le synavi réclame avec insistance de la Région : la mise en
place de contrat triennaux et plus. Nous estimons que les emplois durables s’en trouveraient
renforcés. Ils conforteraient dans notre secteur l’attribution possible d’emploi tremplin. Par
ailleurs ils ont été mise en chantier dans d’autres régions avec succès : Ile de France,
Bretagne, Rhône-Alpes..etc
Nous regrettions que l’emploi permanent soit l’apanage exclusif des institutions. Le contrat
triennal et plus, c’est le support de la création d’emplois durables.
Enfin c’est la reconnaissance que, pour beaucoup de structures, la création s’accompagne de
nombreuses prestations de services qui donnent sens à leur implantation sur un territoire.
C’est reconnaissance qu’un travail artistique peut avoir pour objet la formation des amateurs
et les publics (qu’ils soient dit en difficulté ou pas !) avoir pour objet le lien social ou
l’éducation artistique ou tout ce que l’artiste aura voulu ou voudra bien investir.
Pour reprendre et décliner l’assertion d’Antoine Vitez qui disait “faire théâtre de tout texte...”
Il s’agit bien souvent de faire poème de toutes situations et en tous lieux. A travers le contrat
triennal (mais pourquoi pas 4 ou 5 ans à partir d’une juste estimation de ce qui pérennise les
activités proposées, de l’ampleur des tâches appréhendées, du territoire considéré…Et de la
qualité créatrice des perspectives posées)
Contrat renouvelable une, deux fois ?
Faut-il craindre les rentes de situation ? Il faut distinguer radicalement la convention régionale
de son homonyme d’Etat…Laquelle (quand elle est supprimée à une compagnie ) est mal
vécue car elle se confond avec un retrait de label, un désaveu artistique.
Nous pensons que du fait de ce type de contrat, la Région devra s’offrir une capacité
d’évaluation propre qui viendra s’inscrire sur une autre base que la seule excellence artistique.
Un montage d’exigences pour définir un certain type d’action. Ce serait, pour partie, la fin du
monopole de l’expertise exercée par les Dracs.
Une évaluation n’exclut pas l’autre, mais elles peuvent s’entretenir comme s’exclure, l’une de
l’autre. Pourquoi aurait-on répugnance à un jeu de convergences et de divergences qui
rendrait à l’équité et à la subjectivité des jugements, leurs justes mesures ?
Prudence et modération dans les évaluations ne peuvent que tirer profit d’une double
expertise.
Evénements, festival , diffusion.
Oui, nous sommes impatients de voir mis en oeuvre des événements artistiques conciliant la
promotion d’artistes locaux et d’artistes de grande renommée. Oui, nous estimons stimulant la
création de festivals conçus dans cet esprit et pour toutes les disciplines. Le synavi a évoqué
la nécessité d’encourager la création contemporaine. Toutes les disciplines ont besoin
d’événements locomotives…Ils apportent une véritable stimulation de la vie artistique par la
qualité des rencontres. Ils sont prisés du public parce qu’ils sortent par définition de
l’ordinaire…Ils favorisent la promotion des meilleurs à l’échelon local. Ils procèdent de
l’identité du territoire…Et souvent associent amateurs et populations. Enfin ils restent une
quête d’originalité et un espace d’innovation.
A travers eux l’Europe pourrait trouver sa dimension normande et réciproquement. C’est
aussi l’opportunité d’un laboratoire commun haute et Basse-Normandie.
Formation professionnelle
La région ayant la formation professionnelle dans son champ de compétence, nous
saurons, espérons-le par la création d’une chambre des métiers et l’animation d’un Comité
régional du Spectacle Vivant nous doter des outils nécessaires. En réalité il y a urgence à
traiter de la formation et de renforcer les structures en charge de formation. Il y a urgence à
produire un état des lieux et à mettre en face les dispositifs.
Là encore, le nouveau régime de l’intermittence exerce ses ravages et une nouvelle catégorie
de travailleurs pauvres émarge au RMI ! Artistes pauvres...C’’est la progression de la misère
et de la précarité qui nous dictent notre conduite et nous imposent d’aller vite.
A la précarité des salariés fait écho la précarité de nos entreprises.
Nous avons besoin de décisions rapides et en même temps, nous avons besoin d’un temps de
réflexion et d’expérimentation et nous devons mener de front l’une et l’autre.
Fond d’innovation artistique et culturelle le FIAC.
C’était une mesure phare du programme des socialistes pour les dernières législatives.
Expérimentée en Rhône-Alpes, le FIAC peut en souplesse aider les inclassables, aider les
novateurs ( ceux qui mettent en place des regroupements ou essaient des fonctionnements
nouveaux type économie solidaire…Etc )
Chaque mesure demande sans doute d’avancer à son rythme, ainsi le traitement de
l’émergence ne peut se traiter demain... L’approbation de la création d’un Fond d’intervention
et d’innovation artistique répond à cette nécessité immédiate.
Public, amateurs, lycée
L’action culturelle dans les lycées est en cours d’expérimentation et des compagnies s’en font
l’écho avec enthousiasme. Les lycées agricoles depuis longtemps ont mis en évidence
que l’art et la culture peuvent donner des couleurs à la vie lycéenne. Très vite, la région peut
initier des actions culturelles et provoquer résidences et prestations artistiques dans les lycées.
Très vite un corps de “médiateurs” formés dans l’esprit des arts et de la culture peut devenir le
moteur d’une culture produite et partagée avec les artistes. Les lycées peuvent devenir des
haut lieux de la jeunesse, haut lieu de vie ! la culture doit devenir le moteur d’une rénovation
de la vie lycéenne. Il y a la un formidable chantier.
D’une manière générale les amateurs méritent une attention soutenue…Car comme
l’éducation populaire, ils sont laissés à l’abandon depuis trop longtemps. C’est un véritable
plan d’urgence qui doit se mettre en place pour redonner sens à l’éducation artistique des
adultes et des jeunes.
Enfin l’élargissement des publics passe par une éducation qui suppose là encore un soutien
aux artistes quand ils s’intéressent à la question. ( malheureuse disposition de l’intermittence
qui bloque à 55h la prestation de l’artiste qui veut éduquer)
HQC
Si le HQC est une bonne idée... Pourquoi ne le serait-elle pas dès maintenant ?
Site et communication
Traduire par la mise en service d’un site la richesse des échanges des voix publiques, vouloir
rompre l’isolement …
Si les outils de communication permettent d’accélérer la réactivité et les échanges entre
acteurs de la vie culturelle pourquoi pas. Rien ne peut remplacer l’impact de l’humain et fort
heureusement un site ne restera qu’un épiphénomène par rapport à la circulation des idées
transportées en chair et en os…Surtout quand l’objet d’échange s’appelle l’art et la culture.
Conclusions
La vivacité nous fait signe dès lors que la curiosité et l’enthousiasme guident nos pensées et
nos actes. La pensée, l’intelligence humaine, la sensibilité configurent les échanges et
donnent force et sens aux rencontres. La plupart des mesures proposées s’accordent à cette
dimension et elles ne vaudront que ce que la qualité des hommes en feront. Par delà les
dangers et obstacles à franchir et dépasser, il y a une confiance à s’accorder et un espoir à
nourrir. Tel est le sens de notre adhésion.
J’emprunterais à notre dernier communiqué, une conclusion à ce survol des mesures
examinées : “A l’heure de la mondialisation, le travail de l’artiste reste proprement libre. Il
offre à nos concitoyens un miroir où se réfléchit l’appétit de singularité, un besoin de
s’affirmer en dehors des formatages et autres uniformités. Cet appétit, il se gagne, et avec lui,
une exigence de soi, qui ne doit rien aux convenances et à l’ordre établi.
C’est pourquoi, une politique culturelle digne de ce nom demande courage et détermination !
Essayer de la rendre joyeusement possible : de cela le Synavi veut faire nécessité.
Nous savons ce que nous voulons. »
Le Synavi de Basse Normandie 17 février 2008
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