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Enregistrer au format PDF Elections régionales 2010 : Réponse d’Europe Ecologie

Mis en ligne le 9 mars 2010
par IDF - Sandrine PERCHEVAL (coord)

Suite au courrier envoyé aux têtes de liste des élections régionales de 2010 en Ile-de-France, nous avons reçu la réponse de Corinne Rufet, élue régionale sortante chargée des questions Culture au Conseil régional (Parti des Verts) et représentante d’Europe Ecologie, que nous avons rencontré le 11 février dernier


Réponse au SYNAVI d’Europe Ecologie Ile-de-France

Le budget culture de la Région Ile de France est aujourd’hui de près de 85 millions, soit 2% du budget. Il était de 70 millions en 2005. Entre 2005 et 2010, le budget culture a ainsi été augmenté d’environ 20 %. C’est très bien mais il faut en effet ne pas relâcher l’effort. Nous constatons cependant que ce doublement annoncé du budget n’a pas été suivi de suite dans le programme du parti socialiste.

Nous sommes pour une augmentation significative du budget de la région pour les Arts et la Culture, mais nous considérons également que la promesse de doublement du budget de la culture manque de subtilité et n’est en aucun cas la garantie d’une meilleure répartition des aides, ni entre les arts (Cinéma, Livre, Spectacle Vivant, Arts Plastiques, Musiques Actuelles…), ni entre l’aide à la création artistique et l’aide à l’action culturelle (éducation populaire, artistique, pratiques amateures) ni à l’intérieur du spectacle vivant (musiques actuelles, théâtre de plateau, arts de la rue, cirque de création, danse, opéra…).

En effet, nous tirons un bilan mitigé de l’utilisation et de la répartition d’aides culturelles, et notamment concernant le soutien à la permanence artistique et à la création, et le soutien aux festivals.

Le soutien à la permanence artistique sera reconduit car effectivement nous pensons que c’est un dispositif qui a été utile aux compagnies notamment en termes de pérennisation de l’emploi. Cependant, nous le retravaillerons, de manière à le rendre plus transparent et équitable. 60 % des PAC attribuées par exemple l’ont été pour les départements de Paris et de Seine Saint Denis en masse financière. Cela signifie que la région n’a pas été capable à un moment donné d’édicter des objectifs clairs, permettant d’objectiver les aides, ni d’associer démocratiquement les professionnel/les et les élu/es à ces choix.

Par conséquent, ces aides ont été attribuées au fil de l’eau, sans priorisation ni vision territoriale, avec pour conséquence une diminution criante du montant moyen des aides attribuées depuis la création de la PAC. Ce n’est pas acceptable, car qui peut croire que les compagnies ou les lieux bénéficiant d’une nouvelle PAC en 2009 ont des projets et une action de moindre qualité que ceux qui en ont bénéficié en 2005 ? Il faut remettre de la démocratie, de la lisibilité et de la transparence au coeur des politiques culturelles, pour sortir de la vassalité des rapports entre le politique et le professionnel.

L’indépendance des artistes est en effet pour Europe Ecologie la première des valeurs à défendre. Pour cela, nous souhaitons mettre en place, à l’issue d’Assises culturelles décentralisées, une conférence permanente des acteurs de la culture, qui permettra de définir des comités de choix, paritaires entre les élu/es et les professionnel/les.

Le rôle de la région, c’est aussi de pouvoir assurer la continuité culturelle du territoire, et donc pour cela encourager et donner des moyens conséquents aux compagnies et aux lieux intermédiaires qui s’engagent sur une action de long terme dans des territoires moins habituels. C’est l’une de nos propositions phares, qui consiste à encourager, soutenir et financer 100 fabriques de Culture en Ile de France, alternatives crédibles à la folie de multiplication d’éléphants blancs de la culture, équipements démesurés par leur taille et hors sol par leur projet culturel décidé par le politique. Le Politique est avant tout là pour accompagner, arbitrer et impulser mais n’est pas légitime pour intervenir dans le fait culturel.

Les PAC doivent être à notre sens priorisées sur les structures, lieux intermédiaires, fabriques, et compagnies avec ou sans lieux, pour lesquelles cette aide est véritablement structurante, tant au niveau budgétaire que fonctionnelle.

Nous souhaitons par ailleurs que les emplois tremplins fassent l’objet chaque année d’un budget clairement défini pour la culture, avec une adaptation des règles d’éligibilité aux spécificités du monde culturel, et notamment la possibilité du partage et de la mutualisation de certains postes sur plusieurs lieux ou compagnies.

Concernant l’aide à projet, qui est actuellement assurée partiellement par ARCADI, nous pensons que celle-ci doit pouvoir être renforcée, notamment pour permettre l’émergence et l’expérimentation tout comme l’aide à la diffusion et ceci en ayant à l’esprit que la région ile de France doit pouvoir rendre plus lisibles ses politiques culturelles. Il est par exemple nécessaire de réfléchir à la répartition des missions et des rôles entre des organismes associés tels qu’ARCADI et le service spectacle vivant de la Région Ile de France.

Nous proposons qu’ARCADI renforce très fortement son action autour de la mutualisation des outils et des ressources pour les compagnies et les lieux, pour devenir l’organisme qui accompagne le spectacle vivant, dans toute sa richesse et sa diversité. L’objectif est que cet établissement public de coopération culturelle, financé très majoritairement par la région ile de France soit LE pôle ressource pour les compagnies concernant les lieux de répétition, de production, de stockage et de mutualisation des décors (et notamment pour les arts de la rue qui en manquent cruellement), mais également celui qui forme, accompagne, soutient celles et ceux qui en ont besoin, dans leur démarche de création.

Arcadi doit être l’outil d’évaluation et de concertation des acteurs du spectacle vivant, qui permettra au politique d’adapter aux évolutions de la profession les dispositifs de soutien régionaux. Il faudra également engager un grand chantier autour de la formation initiale et continue des intermittents et des salariés du spectacle vivant, avec une véritable réflexion sur la reconversion des artistes face au vieillissement et au handicap. Enfin, Arcadi pourra être chargé d’une mission de réflexion autour de la question de l’égalité Femmes/Hommes dans le spectacle vivant. Il s’agit d’un enjeu important pour le monde de la culture, qui s’il est souvent sensibilisé à la question, ne voit que très faiblement, dans les actes, les femmes représentées, dans les directions de théâtre, la mise en scène, la représentation syndicale et associative…

Nous souhaitons par ailleurs réformer le dispositif de soutien aux manifestations culturelles, en introduisant différents critères pour que l’aide régionale soit attribuée à des festivals « durables », en fonction notamment de l’utilité sociale, de l’empreinte écologique, de la participation citoyenne, de l’aménagement du territoire… et pas seulement des gouts et des couleurs des membres de l’assemblée régionale.

Nous pensons que la politique régionale de la culture qui s’est construite pendant la mandature 2004-2010 autour de trois piliers (cinéma, livre et spectacle vivant) doit s’élargir et apporter des réponses appropriées aux domaines des musiques actuelles, des Arts de la rue comme du cirque de création. Nous soutenons par exemple la proposition de la fédération des Arts de la Rue de créer 4 « CARR », centre des arts de la rue régionaux, qui contribueraient à soutenir la diffusion de spectacles et oeuvres aux enjeux et problématiques spécifiques.

La vision des politiques culturelles d’Europe Ecologie prend appui sur l’Agendas 21 de la Culture, défini par Cités et Gouvernements Locaux Unis, et la déclaration de fribourg sur les droits culturels. Ces deux axes fondent notre engagement et conduiront notre action politique au sein de la région ile de France.

Nous nous engageons par conséquent à mettre en place un agenda 21 pour la Culture en Ile de France (adhérente de CGLU). Le premier axe de cet agenda 21 est de créer les conditions d’un dialogue permanent des acteurs culturels, c’est pour cette raison que depuis 2004 nous défendons la création d’un conseil Permanent des Arts et de la Culture, à l’issue des assises régionales territorialisées. Le second axe est la défense de la diversité culturelle, et la coopération entre les régions, qu’elles soient française, européennes ou du monde. Il s’agit pour nous d’un axe important à mettre en oeuvre, notamment en soutenant les projets de création et d’échanges interrégionaux, pour les compagnies, associations d’éducation populaire, artistes et manifestations.

Enfin, la Culture doit continuer à faire l’objet d’une politique publique volontariste de la part des régions et ne doit pas servir de variable d’ajustement des crédits, ni de suppléments d’âme qu’on mettrait de côté en période de crise. C’est au contraire par une action constante au plus près des publics et des professionnels que nous pourrons construire une société plus solidaire, émancipée et diverse. La suppression programmée de la clause de compétence générale des régions et départements fait peser de lourds nuages sur l’intervention régionale en la matière. Nous défendrons donc pour le prochain mandat des propositions fortes pour une politique régionale de la culture, engagée et sans langue de bois, et défendrons cette compétence, de toutes nos forces.

Pour Europe Ecologie et Cécile Duflot,
Corinne Rufet

* Lien vers le programme complet



Documents

  09|03|2010 - Reponse_au_SYNAVI_EE.pdf

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